Nationale

Pour répondre à l’objectif de neutralité carbone, la France penche pour une intensification de l’exploitation de ses forêts. Ce n’est pas vraiment une bonne idée.

Les fonctionnaires du ministère de la Transition écologique n’en peuvent plus : surcharge de travail, services désorganisés, sous-effectif durable, hiérarchie aux abonnés absents, efforts vains quand Bercy remporte tous les arbitrages… Beaucoup s’interrogent sur le sens de leur emploi lorsque les politiques menées sont totalement en deçà de ce qu’exige l’urgence climatique.

La nouvelle est tombée hier soir à 21h (source : Rádio Globo). Alors qu’il était en visite avec une délégation d’industriels de l’agrobusiness non loin de Boca do Acre dans l’État d’Amazonas, le président brésilien ainsi que 7 membres du groupe qui l’accompagnait ont été enlevés par un commando de botanistes.

L’appel à manifester pour une « vraie loi Climat » a été rejoint par des dizaines d’ONG, syndicats et partis pour dénoncer le « manque d’ambition » du projet de loi « climat et résilience ».

Toutes les dispositions favorables à la préservation des forêts ont été expurgées de la Loi climat, en commission spéciale. Outre le déni de démocratie, ce scandale obère la lutte contre le changement climatique, la protection de la biodiversité et la résilience de nos forêts.

Mais il n’est pas trop tard !

Dans quelques jours, cette loi sera débattue en séance plénière à l’Assemblée Nationale. Il est encore temps d’interpeler vos député.e.s !

QUELLE FORET POUR NOS ENFANTS ?

Après plusieurs mois de travail, la Convention Citoyenne sur le Climat a rendu ses conclusions. Plusieurs propositions portent sur les forêts mais n’ont pas été retenues dans le projet de loi du gouvernement.

Le Haut Conseil pour le climat, l’instance consultative indépendante installée par Emmanuel Macron, a analysé les conséquences sur les émissions de gaz à effet de serre du projet de loi Climat et résilience. S’il salue des avancées, le Haut Conseil attend surtout des parlementaires qu’ils aillent plus loin lors de l’examen du texte.

François Ramade et Annick Schnitzler, deux écologues, dressent un tableau accablant de la gestion des bois et forêts périurbains par l’Office National des Forêts qui privilégie une productivité à court terme au détriment de la biodiversité.

Automobile, aérien, agrochimie… « Les industriels ont mobilisé tous les leviers d’influence à leur disposition » pour torpiller le travail de la Convention citoyenne pour le climat, démontre l’Observatoire des multinationales. Grâce à d’éminents professionnels de la communication, ils ont converti moult politiques et bénéficié de relais médiatiques.

Mensongère, grotesque et indigne. Voilà comment faut-il caractériser l’opération de communication politique à laquelle se livrent Emmanuel Macron et Barbara Pompili quelques jours avant de présenter au Conseil des ministres leur loi climat qui détricote les propositions de la Convention citoyenne. L’exécutif s’auto-congratule alors qu’il reporte à plus tard de ce qui devrait être déjà fait.

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